Occupation Italienne – Corse

Placard outside Bonifacio

Placard outside Bonifacio

Documents historiques sur la résistance, occupation et libération de la Corse, 1940-1943

 Archives Départementales de la Corse-du-Sud, Archives Nationales

Le Commissaire de Principal, Chef du Service des Renseignements Généraux à Monsieur le Préfet de la Corse, Bastia le 14 mars 1942

J’ai l’honneur de vous rendre compte de ce qui suit:

Le Commandant Vittini, Président de la Légion Nord de la Corse, m’a signalé savoir que les prisonniers Corses en Allemagne, n’étaient pas considérés comme des Français, et qu’il serait intéressant d’en aviser les Autorités.

Le Préfet de la Corse à Monsieur l’Amiral de la Flotte, Vice-Président du Conseil, Ministre Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères, Ajaccio, le 18 juillet 1941

[…] Une des conditions essentielles d’une vie Nationale Commune est une estime réciproque. Il est certain que la FRANCE, en moins d’un siècle, avait su l’acquérir en Corse. Malgré l’esprit critique et souvent frondeur du pays, elle a su, dès les débuts de l’occupation, y acquérir un prestige qui a évité tout soulèvement à une époque où le rêve irréalisable d’une autonomie complète n’était pas encore oublié. Elle sut ménager les susceptibilités des insulaires, leur apporter généreusement les avantages qui transformèrent trop vite dans les dernières années, les conditions de vie, et ouvrir à l’élite des carrières où elle se signalait.

En dehors des hautes fonctions Ministérielles, diplomatiques, administratives et militaires, où ils sont, proportionnellement, plus nombreux que les Continentaux, les Corses ont, dans le haut Enseignement, comme dans la Presse, et jusqu’à l’Institut, où l’Académie Française en compte 3 parmi ses 40 élus, et celle des Inscriptions et Belles-Lettres, 2, qui se distinguent, une place tout-à-fait exceptionnelle et dont ils sont légitimement fiers.

Et là, nous ne pouvons plus considérer les faveurs exceptionnelles, mais ce qui est plus flatteur, une preuve de l’adaptation de la Corse à la culture Française au bout d’un siècle à peine. Je ne crois pas que l’on puisse trouver un exemple comparable de conquête et d’assimilation totale en un si court délai.

Cela permet d’apprécier la catastrophe que serait pour la Corse une rupture brusque avec la culture à laquelle elle s’est si complètement adaptée. […]

C’est comme si on songerait à séparer l’Ecosse de l’Angleterre, à laquelle s’est adaptée une race ayant avec celle des Corses les plus grandes analogies. […]

Jusque-là, les Italiens n’avaient jamais apporté aux Corses que les témoignages indiscrets d’une sympathie maternelle, que ceux-ci, dans leur orgueil national, trouvaient peu flatteuse, car elle leur rappelait la période la plus cruelle de leur histoire, et ils la voyaient à travers l’émigration d’une catégorie sociale qu’ils considéraient comme très utile pour leur service, mais peu qualifiée pour les conseiller et les conduire.

Commandant Forces Armées de la Corse à Monsieur le Préfet de la Corse, Ajaccio 2 septembre 1943

[…] plusieurs civils de Bonifacio, évidemment en vue d’évènements probables, ont quitté le pays et ont pris le maquis. Parmi eux figuraient aussi les jeunes gens de la classe 1922 qui, désignés pour le Service du Travail, n’auraient pas rejoint le camp de Bocognano. On nous assure que ces éléments percevraient 3.000 par mois.

Le Commissaire à l’Intérieur d’Astier de la Vigerie à Monsieur le Commissaire à la Guerre, 30 mai 1944

L’irrédentisme italien constitue, aujourd’hui plus que jamais le problème politique le plus important, bien qu’à longue échéance, qui se pose en Corse.

Les données essentielles de ce problème sont définies non seulement par la présence constante d’italienne, mais encore par les affinités géographiques et ethniques incontestables, que le patriotisme et la belle tenue des Corses, lors de la libération ne sauraient nous faire oublier.

[…] Si la Corse continue, en effet, à manifester des sentiments anti-italiens, on ne saurait nier, en effet, l’affinité qui existe entre la population corse et les éléments italiens stationnés dans l’Ile.

Les querelles existent entre eux apparaissent, à certains égards, comme des querelles de famille laissant subsister des similitudes et les liens multiples qui peuvent comporter des conséquences graves pour l’avenir.

[…] Par ailleurs, l’attitude des femmes corses a l’égard du corps d’occupation a été très souvent signalée. Il est certain que la facilite de contact créée par la similitudes des dialectes a favorisé la multiplication des relations, qui ont vite constitué un véritable scandale dénoncé dans toutes les villes de Corses.

Rapport Périodique (Département de la Corse deuxième quinzaine de Décembre 1941)

[…] Tout d’abord, la haute idée que se fait la population locale de son patriotisme et du rôle qu’a joué la Résistance Corse comme pionnier et comme modèle pour la préparation de l’insurrection nationale sur le Continent. Ce sentiment a été encouragé et flatté, au moment où la Corse étant le seul département français libéré, recevait la visite successive de tous les membres du Gouvernement et des chefs de partis politiques. La Corse, centre de toutes les préoccupations gouvernementales, a trop brutalement l’impression d’être devenue, depuis la libération du Continent, le 90eme département français dans l’ordre des préoccupations gouvernementales. Il en résulte, on ne saurait trop le souligner, une sorte de déception et d’aigreur qui explique bien des réactions politiques actuelles.

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